Fièvre du Nil Occidental : une arbovirose en expansion en Europe

Fièvre du Nil Occidental : une arbovirose en expansion en Europe

Les arboviroses (de l’anglais arthropod-borne-virus) sont des maladies virales transmises par l’intermédiaires d’arthropodes hématophages (tiques, moustiques, phlébotomes, culicoïdes). Dans la nature, les arbovirus (535 référencés en 2008) sont capables de se multiplier dans l’arthropode infecté (notamment dans les glandes salivaires) sans compromettre leur vie, ni leur fécondité (la transmission trans-ovarienne est possible). Ils se transmettent, lors de la morsure ou la piqure de l’arthropode infecté, à des vertébrés réceptifs, provoquant une virémie précoce et transitoire. Les vertébrés sont alors, soit des disséminateurs et amplificateurs du virus, soit des hôtes accidentels, soit des impasses épidémiologiques. L’activité des arthropodes étant intense durant les mois chauds et humides, les arboviroses sont des affections saisonnières, surtout tropicales et subtropicales, causées par un ensemble très hétérogène de virus. Les arthropodes concernés sont, soient des tiques, soient des diptères (famille des moustiques, des moucherons et des phlébotomes).

L’une d’elles est due à un flavivirus et transmise par les moustiques et fait l’objet d’une surveillance particulière en raison de sa transmission à l’Homme (zoonose) ; aussi bien en France qu’en Europe, le nombre de cas humains et animaux (chevaux principalement) de fièvre du Nil Occidental [ou West Nile Fever (WNF) des anglophones] connait une expansion inédite en 2018.

En France, 4 cas ont été confirmés chez des équidés en septembre 2018 dans le Gard et en Haute-Corse (1er cas signalé). 4 rapaces ont été confirmés positifs (3 dans les Alpes-Maritimes et 1 en Corse) : le virus détecté appartient à la lignée 2 qui n’avait jamais été mise en évidence en France. Cette lignée, originaire d’Afrique, a probablement été introduite en Europe Centrale par le biais d’oiseaux migrateurs : à partir de la Hongrie en 2004 puis diffusant vers l’Autriche et l’Italie.

Le bilan (au 28 novembre) de la maladie chez l’Homme en France (pourtour méditerranéen) est le suivant :

– expression clinique entre le 7 juillet et le 25 septembre 2018,

– 25 cas autochtones dont 22 domiciliés dans les Alpes-Maritimes, 2 en Corse-du-Sud et 1 en Pyrénées-Orientales.

– 3 cas détectés lors de dons du sang et de greffons,

– 17 formes fébriles, 6 formes neuro-invasives et 2 asymptomatiques.

 

En Europe, 220 foyers ont été déclarés (au 27 septembre 2018) chez les animaux [équidés (204 foyers), chien (1 cas), et avifaune (15 cas)] : France, Italie, Slovénie, Croatie, Hongrie, Grèce (chien) et même en Allemagne (dans le nord).

1 593 cas humains ont été rapportés : Italie (495), Serbie (320), Grèce (261), Roumanie (237), Hongrie (190), Croatie (44), France (20), Autriche (15), Bulgarie (5), Kosovo (3), et Slovénie (3). 124 morts ont été décomptés : 36 en Italie, 30 en Roumanie, 29 en Serbie, 26 en Grèce, 1 au Kosovo, 1 en Hongrie et 1 en Bulgarie.

Rappelons que la prévention de l’infection au virus du Nil Occidental repose sur les mesures de protection contre les moustiques, individuelles (vêtements couvrants et répulsifs) et collectives (lutte contre les gîtes larvaires). Des mesures spécifiques sont mises en places pour la sécurisation de la transfusion et des dons d’organes et tissus (dépistage et exclusion des donneurs).

 

Sources

Anonyme. 2018. www.plateforme-esa.fr . Consulté le 5 décembre 2018.

JEANNEY M. 2018. Une saison 2018 de fièvre West Nile précoce et de grande ampleur. La Dépêche Vét. 1455. 15.

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