Fièvre hémorragique de Crimée-Congo : circulation d’une souche virale en Corse

La fièvre hémorragique de Crimée-Congo est une arbovirose (transmission par des arthropodes vecteurs) due à un nairovirus (CCHFV) de la famille des bunyavirus (virus à A.R.N.). Elle a été décrite pour la 1ère fois en Crimée en 1944 puis au Congo belge en 1956. Elle est transmise par les tiques (Hyalomma marginatum, Rhipicephalus rossicus et Dermacentor marginatus), à la fois vecteurs et réservoirs. Le virus infecte l’autruche, le poulet, la pintade, les ruminants, les chevaux, les lièvres et les hérissons ainsi que l’Homme (zoonose). Elle a été décrite en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Europe (orientale, Grèce, France et Portugal).

Une étude épidémiologique menée en Corse entre 2014 et 2018 par le CIRAD révèlent la forte abondance de la tique H. marginatum et une circulation virale chez les ruminants domestiques de l’île.

Carte 1 : communes (en rose) présentant au moins 1 ruminant avec des anticorps anti-CCHFV

Photo 1 : tiques Hyalomma

La circulation du virus a été mise en évidence en Espagne pour la 1ère fois en 2011 (3 cas humains en 2016 et 2018).  Les bovins, petits ruminants, lapins et hérissons sont aussi des réservoirs potentiels du virus sans présenter de signes cliniques.

En Corse, H. marginatum est la tique la plus fréquemment retrouvée chez les chevaux (77 %) et seconde chez les bovins (21 %) alors qu’elle infeste rarement les petits ruminants. Elle infeste aussi les sangliers. L’analyse sérologique (4 000 sérums) a révélé la présence d’anticorps anti-CCHFV chez 9 % des animaux testés : 13 % chez les bovins, 3 % chez les ovins et les caprins.

 

Références

JEANNEY M. 2019. Fièvre hémorragique de Crimée-Congo : des résultats suggèrent la circulation d’une souche virale en Corse. La Dépêche Vétérinaire. 1474. 12

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