FOCUS MATIÈRES PREMIÈRES : LA GRAINE DE SOJA TOASTÉE

Diminution de la dépendance au soja d’importation, économie du coût alimentaire, diversification de l’assolement, exclusion des matières premières OGM, défense d’une alimentation 100% française et locale… Quel que soit l’objectif, améliorer l’autonomie protéique de l’élevage français est devenu un enjeu incontournable voire indispensable pour certaines productions (animaux nourris sans OGM, agriculture biologique). Une des réponses données est bien sûr de trouver des alternatives au soja malgré le profil presque idéal en acides aminés de son tourteau dont la dépendance est particulièrement marquée dans la filière avicole du fait des besoins élevés en protéines.

Mais avant d’envisager un autre oléo-protéagineux, nous souhaitions dans cet article nous pencher sur la graine de soja de l’hexagone, qui, après toastage et couplée à d’autres matières premières protéiques, peut limiter l’utilisation du tourteau de soja d’import dans certaines formules.

1.   Principe et intérêts du toastage

Le toastage consiste à chauffer les graines pour diminuer la teneur en facteurs antinutritionnels présents dans la graine de soja crue et augmenter le taux de protéines assimilables. Il existe différents toasteurs avec des couples temps/température spécifiques qui dépendent de la puissance de chauffe et de la longueur des appareils.

Au cours du toastage, des réactions de Maillard ont lieu entre les protéines et les sucres réducteurs présents dans la graine. Cela a un intérêt particulier en ruminants puisque par conséquent, les protéines sont « protégées » et leur dégradation dans le rumen diminuée. En monogastriques, l’intérêt pour la graine de soja toastée réside principalement dans la diminution de la teneur en facteurs anti-trypsiques (FAT).

Lorsque les graines sont ingérées crues, les inhibiteurs de trypsine rendent difficilement digestibles les protéines de la graine, ce qui implique une croissance des animaux ralentie et une augmentation de l’indice de consommation. En abaissant le taux de FAT, on augmente la digestibilité de la protéine et donc l’intérêt de la graine de soja toastée dans les formules. Lors du toastage, il est important de maitriser le couple temps/température utilisé car un chauffage trop fort et/ou trop long peut avoir un effet négatif sur la digestibilité des protéines. De plus, à la sortie du toasteur, les graines doivent être refroidies avant d’être utilisées dans l’aliment. Cette étape de refroidissement doit être correctement appréhendée car pendant la descente en température, l’action de la chaleur sur les protéines continue.

2.   Analyses recommandées

3.   Utilisation dans les espèces

La graine est à la fois une source de protéines mais aussi de matière grasse. Elle permet ainsi de jouer sur la valeur énergétique de l’aliment. Néanmoins, son taux d’incorporation doit être ajusté pour éviter des excès d’acide linoléique (impact négatif sur la qualité de carcasse). En outre, dans le cas des régimes limitants en matière grasse, l’utilisation de graines de soja toastées peut stimuler la consommation d’aliment.

Taux d’incorporation indicatifs (à ajuster selon les objectifs)

La graine de soja présente donc des intérêts certains en nutrition animale, sous réserve de maitriser le process de toastage et de l’intérêt économique. D’autres valorisations de la graine existent, telles que le tourteau de pression que nous présenterons prochainement.

Pour plus d’information, contacter le Service Formulation Idena.   

 

 

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