Le sanglier, un réservoir de virus : peste porcine africaine mais aussi maladie d’Aujeszky

Les cas récents de peste porcine africaine en Belgique près de la frontière française ne doivent pas faire oublier que le sanglier est aussi un réservoir d’autres agents pathogènes (trichine et virus de la maladie d’Aujeszky notamment). En 2018, l’ANSES a mis en évidence ce dernier virus chez une demi-douzaine de chiens. La maladie d’Aujeszky [qui doit son nom au vétérinaire hongrois Aladár Aujeszky (1869-1933) qui isola le virus en 1902] ou pseudo-rage, est causée par un herpèsvirus dont le porc est l’espèce cible. Dans cette espèce, la sensibilité de l’animal est liée à son âge : encéphalite grave chez le porcelet de moins de 15 j, syndrome fébrile, troubles nerveux, respiratoires et de la croissance chez le porc à l’engrais et troubles de la reproduction (avortements) chez la truie. Chez les autres espèces, il n’y a pas de coadaptation hôte-virus et on observe une encéphalite mortelle (dont un prurit démentiel). Le virus se transmet au chien, chat, cheval et ruminants par consommations d’abats (carnivores) ou par aérosol (mais pas à l’Homme). La maladie d’Aujeszky est présente chez le sanglier sur la quasi-totalité du territoire français mais les régions Nord-Est, Centre et Sud-est sont les plus touchées avec des niveaux de prévalence allant jusqu’à 30 %.

La France continentale (hors la Corse) et l’île de la Réunion sont reconnues indemnes de maladie d’Aujeszky en élevages porcins. Les (2) derniers cas remontent à avril 2019 dans des élevages d’engraissement en plein air : le 1er (760 porcs charcutiers) dans les Alpes-de-Haute-Provence et qui a fourni et contaminé un 2e élevage dans le Vaucluse.

Pour éviter la contamination des élevages, il est nécessaire :

  • De respecter strictement les règles de biosécurité en élevage de porcs,
  • De protéger les élevages porcins plein-air par des installations permettant d’éviter tout contact physique avec des sangliers (clôtures spécifiques notamment),
  • D’exiger un certificat sanitaire (attestation d’élevage indemne) en cas d’échange ou d’importation de porcins ou de semence porcine.

Un vaccin contre cette maladie existe et a été utilisé en France dans les années 1980’, permettant l’éradication de la maladie sur la majeure partie du territoire. La vaccination est interdite depuis dans les territoires indemnes (notamment afin de ne pas interférer avec les tests de dépistage).

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