Vente d’antibiotiques vétérinaires en France : la baisse continue en 2017

Vente d’antibiotiques vétérinaires en France : la baisse continue en 2017

Le plan EcoAntibio 2012-2016 visait une réduction de 25 % de l’usage des antibiotiques chez les animaux. L’objectif a été atteint et même dépassé : – 37 % en 5 ans. Le nouveau plan EcoAntibio 2017-2021 vise à continuer la baisse d’exposition (- 50 % en 5 ans). L’ANSES (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire), dans son rapport 2018 sur l’évolution des ventes d’antibiotiques en médecine vétérinaire en France, rendu public le 13 novembre 2018 à Paris, a indiqué une baisse de 5,9 % par rapport à 2016. C’est le tonnage (499 T) le plus faible enregistré depuis le suivi des ventes en 1999 (1 311 T). Cette évolution est en grande partie imputable à une diminution des ventes d’antibiotiques administrés par voie orale. Ce chiffre est complété par l’ALEA (Animal Level of Exposure to Antimicrobials), paramètre qui permet d’estimer le niveau d’exposition des animaux aux antibiotiques en prenant en compte la posologie, la durée d’administration et l’évolution de la population au cours du temps. Toutes espèces confondues, l’ALEA a diminué de 3,6 % en France par rapport à 2016. En 2017, l’évolution de l’exposition varie selon les espèces : une baisse est observée pour les lapins (- 19,4 %), les volailles (- 10,1 %) et les porcs (- 3,3 %) alors que l’exposition augmente pour les carnivores domestiques (+ 6,6 %) et les bovins (+ 1,2 %). L’exposition aux antibiotiques via les prémélanges médicamenteux a diminué de 21,5 % (/ 2016) alors que l’exposition via les poudres et les solutions orales a augmenté de 3,3 %. On peut résumer l’évolution par espèces et par catégories d’antiinfectieux dans le tableau suivant (/ 2013) :

L’ANSES s’est intéressé en 2017 à l’antibio-résistance d’Escherichia coli chez les bovins de moins d’un an et les porcs à l’abattoir (étude les années paires chez les volailles) : seulement un tiers des souches isolées est sensible à tous les antibiotiques testés. Néanmoins, la surveillance sélective des E. coli productrices de B.L.S.E. (Béta Lactamases à Spectre Elargi) a mis en évidence une prévalence très faible (> 1 %).

  • Chez les bovins (< 1 an), 25 % des isolats sont résistants à 5 classes d’antibiotiques (b-lactames, tétracyclines, phénicolés, diaminopyridines et sulfamides).
  • Chez les porcins, on observe une diminution significative de la résistance à la tétracycline et une augmentation significative aux quinolones et fluoroquinolones. 33 % des isolats sont résistant à 3 classes d’antibiotiques (b-lactames, tétracyclines et sulfamides).

Concernant les salmonelles sur les carcasses :

  • Chez les porcins (206 souches isolées sur 1 606 prélèvements), aucune résistance aux céphalosporines de 3e génération, aux carbapénèmes, aux fluoroquinolones, à l’azithromycine ou à la colistine n’a été identifiée.
  • Chez les bovins (16 souches sur 2 850 prélèvements) : idem supra.

Et l’ANSES de conclure que la surveillance officielle de l’antibio-résistance en France n’a mis en évidence aucun des dangers de santé publique majeurs que représentent les E. coli producteurs de carbapénèmases ou les Salmonella Kentucky CIP-R dans les filières de production nationale.

 

Sources

  1. DUPHOT V. 2018a. Ventes d’antibiotiques 2017 : le plus faible tonnage depuis 1999. Dépêche Vétérinaire. 1459. 12-14.
  2. DUPHOT V. 2018b. Antibiorésistance : à l’abattoir, un tiers des souches isolées sensible à tous les antibiotiques testés. Dépêche Vétérinaire. 1459. 14.
  3. IGOHO-MORADEL M. 2018a. Baisse des ventes d’antibiotiques : faut-il s’attendre à un effet seuil ? Sem. Vét. 1786. 10-11.
  4. IGOHO-MORADEL M. 2018b. Moins de résistances aux antibiotiques critiques. Vét. 1786.
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